www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 87 Haute-Vienne

Vous êtes actuellement : Actualités et actions locales 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
25 septembre 2012

Compte rendu de la Concertation « Refondation de l’Ecole »

Samedi 22 septembre Limoges 9h00 à 13h00

Thème retenu : « Un climat scolaire apaisé dans les écoles et les établissements »

Depuis le mois de juillet, le gouvernement a lancé une grande concertation pour « refonder l’école ». Après des années d’asphyxie, le premier ministre, en personne, a promis une nouvelle loi d’orientation et de programmation, reprenant ainsi un des engagements présidentiels. La FSU, soucieuse aussi bien de l’intérêt des élèves que des personnels, ne peut que s’en réjouir.

Nous aurions cependant souhaité un temps de concertation beaucoup moins restreint dans le temps, permettant notamment d’impliquer véritablement dans le débat l’ensemble des personnels de l’Education, car aucune transformation réelle et durable ne pourra se faire sans l’implication des premiers concernés ; c’était le sens de notre demande concernant l’organisation d’une journée banalisée de réflexion dans tous les établissements.

Nous regrettons de ne pas avoir été associés ni même consultés pour les modalités d’organisation de cette demi-journée. En effet, trois ateliers (1 : relations enseignants/élèves 2 : relations enseignants/parents 3 Vers une approche partenariale) étaient proposés qui ne permettaient pas à priori de traiter l’ensemble des problématiques posées par le point de débat retenu. La DASEN a répondu qu’aucun sujet n’était tabou dans les commissions. Voici ci-dessous les axes d’intervention des représentants de la FSU 87. Le thème retenu « Un climat scolaire apaisé dans les écoles et les établissements » permet d’aborder un nombre conséquent de questions :

- 1. la taille des établissements ;
- 2. le nombre d’élèves par classe ;
- 3. l’encadrement et la reconnaissance du métier ;
- 4. la question des rythmes scolaires (journée de classe, semaine, année) ;
- 5. la prise en charge de l’hétérogénéité, de la difficulté scolaire, du handicap ;
- 6. les relations élèves/enseignants
- 7. les relations parents/professeurs
- 8. les relations enseignants/enseignants
- 9. les relations enseignants / hiérarchie / institutions (Ministre, Recteur, Supérieur hiérarchique) ;

Si les 7 premiers points cités pouvaient être traités dans les deux premiers ateliers imposés par l’Administration (relation enseignant/élève et relation Ecole/parents), les deux derniers (relations enseignants / enseignants et enseignants / hiérarchie / institution) n’avaient visiblement pas été prévus dans le débat, ce qui nous paraissait inconcevable pour réellement apaiser le climat dans les établissements scolaires.

Nous sommes toujours dubitatifs sur ce que cache l’intitulé du troisième thème 3 « vers une approche partenariale » par rapport au thème principal « Un climat scolaire apaisé dans les écoles et les établissement scolaire.

- 1. La taille des établissements

Les établissements devront rester à taille humaine ; le Service Public d’Éducation doit redevenir un Service Public de proximité.

- 2. Nombre d’élèves par classe

Il faut abaisser drastiquement le nombre d’élèves par classe. Moins d’élèves dans une classe, c’est moins de bruit, moins de tensions, moins d’élèves en difficulté au sein d’une même classe, plus d’individualisation dans les relations enseignant /élève, élève/élève mais aussi parent/enseignant. Il faut aussi créer de nombreux postes de remplaçants. Un enseignant non remplacé dans le 1er degré, ce sont des élèves supplémentaires à se répartir dans des classes déjà surchargées. Dans le 2nd degré, ce sont des élèves sans professeur.

- 3. Encadrement et reconnaissance du métier

Le retour à un climat apaisé dans les établissements scolaires passe nécessairement par la restitution des moyens supprimés depuis cinq ans et par la programmation, à la hauteur des besoins, de recrutements en personnels enseignants et non enseignants À cet égard, les métiers de l’éducation nationale devront être significativement revalorisés et rendus beaucoup plus attractifs en tous leurs aspects, y compris au niveau de la formation initiale et continue. A l’heure où on nous parle de morale laïque et de manque de moyens, la fin des subventions anti-laïques accordées à l’enseignement privé sous contrat en grande majorité confessionnel et leur réattribution à l’enseignement public/laïque contribuerait à mener à bien cette refondation de l’Ecole.

- 4. Rythmes scolaires

La question des rythmes scolaires ne peut se limiter à un calcul du nombre de jours de classe, mais doit se concentrer sur l’organisation de la journée scolaire et extra-scolaire de l’enfant. Elle ne peut être déconnectée de celle des contenus, des pratiques et des effectifs par classe.

- 5. Prise en compte de l’hétérogénéité, de la difficulté scolaire, du handicap.

Il faut permettre le traitement de la difficulté scolaire par la réimplantation de postes spécialisés dans les écoles, par la possibilité de travailler en groupes restreints avec plus de maîtres que de classes. Il faut se donner les moyens de l’intégration des élèves handicapés, idée généreuse que nul ne conteste, mais qui nécessite là aussi des moyens humains et matériels.

- 6. Relations élèves/enseignants.

L’amélioration des relations entre les élèves et les enseignants découlent d’abord naturellement de l’amélioration de ce qui précède. Pour autant, il ne peut y avoir d’éradication des tensions sans réhabilitation significative de l’instruction, des savoirs, de la formation de l’individu et du développement de son esprit critique.


- 7. Relations parents/professeurs

De quels dispositions légales garanties bénéficient les familles pour rencontrer les enseignants ? Aucune. Les enseignants bénéficient-ils d’une prise en compte même minimale de la relation avec les parents dans leur temps de travail ? Non. Il n’y a ni cadre défini, ni avantages favorisant des rencontres plus fréquentes, de nature à établir un suivi. Il serait temps que l’Administration reconnaisse le travail accompli des enseignants. A cela s’ajoute évidemment la dérive de l’orientation scolaire. En la détournant vers l’insertion sociale, on aggrave les difficultés des familles à bâtir des parcours pour leurs enfants.

- 8. Relations enseignants/enseignants.

A des relations de coopérations professionnelles, de complémentarité, de travail en équipe, tendent à se substituer des relations de concurrences néfastes à la qualité du service public. Dans les lycées et collèges, l’autonomie des établissements et leur mise en concurrence sont instituées. En parallèle les pouvoirs des chefs ont été renforcés et le Conseil pédagogique comme hiérarchie intermédiaire mis en place. L’individualisation des carrières tend à se substituer aux repères collectifs. La FSU se félicite à cet égard que le nouveau Ministre de l’Education ait abrogé le décret sur l’évaluation des enseignants, qui en plus déconnectait l’évaluation des collègues de leur activité professionnelle ! Les relations enseignants/enseignants seront meilleures et plus fructueuses si du temps pour le travail collectif est dégagé dans leur temps de service.

- 9. Relations enseignants/hiérarchie et institution.

Apaiser les établissements, c’est aussi apaiser les enseignants, las des multiples tracasseries administratives dont ils font l’objet de la part de l’administration : enquêtes, tableaux, livrets de compétences, bilans et projets en tous genres à remplir, dont ils n’ont que faire, empêtrés qu’ils sont dans les problèmes quotidiens qu’ils ont à résoudre. L’institution doit respecter la qualification des enseignants, en les laissant concentrer leurs efforts sur les contenus, pratiques et techniques d’enseignement.

Apaiser, c’est aussi créer des relations de confiance ; les enseignants sont las des annonces ministérielles incessantes, qui ne sont le plus souvent pas le fruit de concertations. Il faut reprendre le chemin d’un véritable dialogue social, non dans les propos mais dans les actes. A cet égard, l’organisation du débat sur la Refondation de l’Ecole nous laisse pour le moins sceptiques.

Les enseignants retrouveront aussi la confiance s’ils sont rassurés en termes de conditions matérielles : ces dernières années, ils ont vu leur pouvoir d’achat largement amputé, l’âge d’ouverture des droits à pension reculée, le montant de ses mêmes pensions étant largement dévalué. Et que dire du jour de carence, non encore supprimé. Toutes ces régressions, qui dépassent certes le cadre de la seule Education, ont eu pour effet de démotiver bon nombre d’enseignants.

En conclusion, aucun apaisement n’est envisageable dans les établissements scolaires tant que ceux qui sont en première ligne dans l’Education, à savoir les enseignants, ne seront pas écoutés et associés véritablement aux décisions qui pourtant les concernent et concernent leurs élèves en premier chef.

Représentaient la FSU87 : Christophe Tristan (SNUEP), Fabrice Prémaud, Annette Claverie, Dominique Sage, Marie-Mélanie Dumas, Nicolas Villacampa (SNUipp), Cécile Dupuis, Patricia Barbaud-Vaury (SNES)

 

26 visiteurs en ce moment

*Top SNUipp-FSU87 - 24 bis, route de Nexon 87000 Limoges - 05 55 43 27 30 - portable 06 71 64 13 33 - snu87@snuipp.fr
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 87 Haute-Vienne, tous droits réservés.