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SNUipp-FSU 87 Haute-Vienne

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25 octobre 2012

Compte rendu des RIS sur la refondation de l’école

Rappel : 2 RIS peuvent être échangées contre 2 animations pédagogiques, quelles qu’elles soient !

+ de 70 collègues ont participé aux RIS sur la refondation organisées par le SNUipp-FSU 87. Chaque débat a été nourri et a permis de faire émerger la volonté d’engagement de chacun dans la refondation de l’école ; d’où la nécessité de nous consulter !

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- 1 - Une rentrée à double visage

Après cinq années de coups durs et de réformes autoritaires pour l’école, un changement de cap est affiché. Le SNUipp-FSU souhaite que la volonté affichée de faire du primaire trop longtemps sous investi une des grandes priorités du ministère se concrétise par des actes. Dans ce contexte, les créations d’emploi, 60 000 annoncées dans l’éducation nationale sur le quinquennat, doivent cibler l’enseignement public. La profession a de fortes attentes. Dès maintenant, les enseignants ont besoin de retrouver des conditions de travail apaisées et sereines au service de la réussite des élèves. Des premières lignes ont bougé : la suppression du décret sur l’évaluation des enseignants, mais aussi le LPC qui connaîtra une version allégée cette année, doc projet d’école reduit à un avenant ... à mettre à l’actif des interpellations et des actions menées et proposées par le SNUipp. Le SNUipp-FSU demande au ministère de mettre en oeuvre une gestion de l’école basée sur la confiance. Cela passe par une rupture avec les demandes incessantes de tableaux de bords, indicateurs, et autres paperasseries inutiles et chronophages tout comme la fin des pressions permanentes exercées sur les équipes. Nous le savons, beaucoup reste à faire. Dans notre département, on constate toujours les mêmes injonctions et les mêmes pressions (organisation des animations pédagogiques sur Limoges 5, la mallette CP en ZEP, les projets pédagogiques piscine, l’attaque aux intervenants extérieurs, tout cela sur fond de suspicion vis-à-vis des enseignants par leur hiérarchie, les suspectant de tirer-au-flanc ! Le ministère a ouvert des négociations avec les syndicats représentatifs sur les modifications concernant la rentrée 2013. Mais n’a pas, comme le demandait la FSU et le SNUipp, consulté les enseignants, en organisant une vraie consultation (journée banalisée).

Malgré la création des 1000 postes qui a constitué un premier signe (soit 2postes en HV après les 42 suppressions alors qu’il y avait + d’élèves…), la rentrée, préparée par le gouvernement précédent, s’est faite dans des conditions plus tendues que l’an passé du fait des 4100 postes manquant à l’appel, ajoutés aux suppressions des années précédentes. Dans certains départements des enseignants manquent déjà (les collègues non remplacés chaque jour le constatent) : le SNUipp-FSU s’adresse au ministère pour ouvrir la liste complémentaire partout où c’est nécessaire, et réaffirme son opposition au recours à des enseignants vacataires.

Budget de vaches maigres : 60000 postes pour EN 5000 police et justice ... à moyen constant soit financés par les suppressions qui se poursuivent dans les autres administrations ; gel salaires.

- 2 - Contexte

- un système scolaire inégalitaire

Lancée pour la première fois en 2000, la quatrième édition de l’enquête PISA menée par l’OCDE n’est pas tendre avec la France. Elle occupe un rang médiocre mais surtout son système éducatif s’avère de plus en plus inégalitaire. De nombreux enseignements restent à tirer des résultats publiés en décembre dernier.

Les résultats de l’enquête placent la France en 22e position, pas de quoi pavoiser, mais pas de quoi rougir non plus. En effet, dans les trois domaines de compétence testés (maîtrise de la lecture, mathématiques et sciences), la France se situe à la moyenne des pays de l’OCDE. Comparée aux précédentes études, celle de 2009 montre que la part des élèves les plus performants a légèrement augmenté dans l’Hexagone, mais que celle des élèves les plus faibles aussi.

Des inégalités qui confirment l’analyse faite par les deux sociologues Christian Baudelot et Roger Establet en 2006, si le système éducatif français produit globalement des résultats moyens, il demeure très inégalitaire et les inégalités ont tendance à s’accroître entre forts et faibles, entre filles et garçons, entre enfants des milieux populaires et enfants des familles aisées.

- Relever le défi des inégalités

De son côté, le SNUipp souligne « les leviers identifiés par l’OCDE pour relever le défi des inégalités scolaires » : parcours scolaires sans redoublement (et pour cela, la mise en place des nécessaires moyens), hétérogénéité des classes (mixité sociale), effort de prise en compte des élèves en difficulté, formation professionnelle des enseignants de qualité... « C’est désormais connu : les systèmes les plus efficaces sont les plus égalitaires ».

- une école primaire sous investie

Primaire : un faible niveau de dépense (OCDE 2012)

En ce qui concerne le ratio des dépenses par élève, la France se montre plutôt pingre en ce qui concerne le primaire. Alors qu’en moyenne les pays membres dépensent 6 013€ par an et par élèves du primaire, l’Hexagone leur attribue 4 964€ soit un écart de plus de 1 000€, et près de 17% de moins. En revanche, pour ce qui est du secondaire et du supérieur, ses dépenses sont plus importantes que pour la moyenne de l’OCDE. C’est pourtant dès l’école primaire que se jouent les clés d’un parcours scolaire réussi.

- une école déstabilisée par cinq ans de réformes et de suppressions de postes

Suppressions de postes, mesures contestées, notre école a été asphyxiée et déstabilisée (passage à la semaine de quatre jours, programmes 2008, aide personnalisée, stage de remise à niveau, évaluations CE1 et CM2, LPC...) Il est temps de changer la donne. L’école peut compter sur la confiance des parents et l’engagement des enseignants à faire réussir leurs élèves. Il s’agit là d’atouts majeurs. D’ailleurs, les mobilisations pour l’école, souvent initiées dans une large unité par le SNUipp- FSU, ont finalement imposé l’éducation et notamment le primaire comme un enjeu prioritaire pour les années à venir. Il faut maintenant un débat de qualité pour l’avenir de l’école, sans démagogie ni caricature, mais avec sérieux et intelligence. Il s’agit de faire avancer l’école sans nier la complexité de certaines questions éducatives ni la notion de temps si importante en éducation.

- des enseignants sous pression, la France mal classée quant au stress...

Les attentes vis-à-vis de l’école ont évolué, de la part de la société (numérique, langue vivantes, handicap) mais aussi de la part des parents et des partenaires. Au final, on a chargé la barque de l’enseignant sans lui permettre de naviguer. L’État employeur porte une part de responsabilité dans une situation qu’il faut revoir et corriger entièrement.

Les enseignants des écoles s’investissent sans compter pour la réussite des élèves, près de 43 heures par semaines dont environ 17h10 hors enseignement face aux élèves : 11h15 pour la préparation de la classe, correction des devoirs et cahiers, environ 2 heures pour la concertation avec les collègues, près d’une heure pour les rencontres et réunions avec les parents d’élèves.... le reste du temps étant consacré à la formation, au soutien scolaire, à la surveillance des récréations. (le SNUipp a mis en place une enquête FLASH à renseigner en 4 clics sur son site) Comme le signale en 2008 le rapport Pochard sur le métier d’enseignant, « si l’on compare cette charge de travail à celle des enseignants des pays de l’OCDE, on constate qu’elle est plutôt plus forte pour les enseignants du premier degré ». Cette charge de travail est d’autant plus lourde que les conditions de travail sont devenues plus difficiles. Trop souvent les enseignants sont seuls dans l’exercice quotidien de leur métier qui devient alors une véritable course d’obstacle. Il est temps de valoriser un grand nombre de pratiques professionnelles qui ne sont pas ou très peu reconnues dans les textes réglementaires : travail en équipe, temps passé au lien avec les familles, participation aux projets, suivi et aide aux élèves en situation de handicap, en difficulté... Le volontariat a atteint ses limites. Les enseignants ont besoin de temps reconnus et revalorisés pour bien remplir leurs missions au service de la réussite des élèves, ce qui nécessite une nouvelle définition de leur temps de service.

- Direction d’école : évolutions indispensables

La liste des missions explicites et implicites des directeurs d’école donne le vertige : faire vivre l’équipe pédagogique et son projet d’école, faire le lien avec les parents et les partenaires, répondre souvent dans l’urgence aux demandes administratives toujours plus nombreuses, gérer les imprévus quotidiens de la vie de l’école… en étant la plupart du temps en charge d’une classe. Il est urgent de reconnaître que les directeurs d’école doivent disposer de moyens spécifiques pour bien travailler.

Pour le SNUipp le directeur d’école ne saurait se transformer en chef d’établissement administratif éloigné des réalités pédagogiques de l’école. Animer une équipe, dynamiser le fonctionnement de l’école nécessite du temps, une formation adaptée, une redéfinition des missions et une aide pérenne (et pas des personnels jetables avec contrats de 20h renouvelables tous les 6 mois pour une durée maximale de 3 ans) au fonctionnement de l’école.

- Les RASED

Pour l’instant, les grands absents : pas de signes réellement rassurants. Une pseudo évaluation du système, dans un contexte de dégradations des conditions d’exercices (peu de RASED complets). Le SNUipp est intervenu et intervient encore pour la défense des RASED et leur reconstitution. Il combat toutes les tentatives / tentations de les substituer à son mandat historique, le « plus de maîtres que de classes dans les écoles » : pas question de les brader façon ancien gouvernement avec les APE.

- 3 - Refondation de l’école : objectifs, organisation, enjeux

Depuis le mois de juillet et jusqu’à fin septembre, le gouvernement a lancé une grande concertation pour refonder l’école. Après des années d’asphyxie, notre école est confrontée à un rendez-vous déterminant. Il est en effet urgent de transformer notre système éducatif où échec scolaire et origine sociale sont très fortement corrélés. Depuis le début, le SNUipp-FSU s’est engagé dans cette concertation. Il est un partenaire exigeant et offensif, porteur de propositions pour une école de la réussite de tous. Dans les premiers jours d’octobre un rapport, issu de la concertation sera rendu public. Il est destiné à nourrir le projet de la nouvelle loi d’orientation et de programmation qui sera présentée au parlement en novembre et votée en début d’année prochaine. En parallèle, dès octobre, des négociations avec les organisations syndicales doivent s’ouvrir. A ce jour, les enseignants restent les grands absents de cette concertation. Les modalités arrêtées dans les académies et départements ne constituent pas un espace de concertation suffisant. Le SNUipp-FSU a été le premier à s’adresser au ministre pour obtenir une journée banalisée de concertation. Le SNUipp-FSU, qui souhaite que la transformation de l’école réussisse, exige que les enseignants des écoles soient pleinement associés aux débats sur l’avenir de l’école : cette refondation qui se veut exemplaire et historique le vaut bien. En Haute-Vienne, la concertation s’est faite au CG87, sur invitations et en séance non ouverte au public !

On ne peut pas transformer un système sans ceux qui le font vivre !

- 4 - Donnez votre avis : démarche du SNUipp, questionnaire et puis... une école plus sereine, ça passe par quoi pour vous ?

Les enseignants des écoles sont invités, de septembre à octobre, à remplir un questionnaire distribué à 250 000 exemplaires par le SNUipp-FSU. Il s’agit pour le syndicat, de recueillir l’opinion des enseignants, de leur redonner la parole, une parole aujourd’hui bien absente du débat public sur l’avenir de l’école et de leur métier. 
Comment percevez-vous vos missions ? Comment décliner la priorité au primaire pour que la réussite des élèves n’en reste pas à une formule vide de réalité ? Comment vivez-vous votre métier aujourd’hui ? Et les rythmes... Comment appréciez-vous ce dossier qui met en jeu autant de paramètres professionnels et personnels ? Vingt-six questions organisées autour de six grandes thématiques composent cette enquête, dont les résultats seront traités, anonymement, par un institut indépendant : Harris-interactive. Ils seront rendus publics en novembre, au moment où s’ouvrira le débat parlementaire sur la loi d’orientation, et où débuteront les négociations pour sa mise en œuvre.

Un avis qui devra compter

De fait, et depuis cet été, des concertations pour refonder l’école ont été engagées. Le président de la République en personne affirme que le défi de cette refondation, « condition du redressement de notre pays, sera relevé grâce aux enseignants » relève le SNUipp dans un communiqué diffusé lundi 10 septembre. Il prend donc François Hollande « au mot » et prévient : « Les enseignants des écoles doivent être pleinement associés : cette refondation qui se veut exemplaire et historique le vaut bien ». Il faudra les écouter et le syndicat entend dans les discussions qui vont s’ouvrir, se faire le porte-voix de leurs préoccupations professionnelles, fortement engagés qu’ils sont pour la réussite de leurs élèves.

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RIS du 18 10 12 L’écho
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RIS du 20 10 12 Le Populaire

 

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