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6 décembre 2012

Sept exigences pour refonder l’école ? … sans la FSU !

La FSU et ses syndicats ne sont pas signataires de l’appel "Sept exigences pour refonder l’école" car y est notamment revendiqué le SOCLE COMMUN or ...

Socle commun et Culture commune… ce n’est pas la même chose !

Fidèle à la stratégie de Lisbonne qui a assigné aux pays de l’Union européenne en mars 2000 l’objectif de « devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde », la France pose désormais la question de l’évaluation des acquis des élèves en termes de compétences. Elle a défini le socle commun en s’inspirant largement des 8 compétences-clés recommandées par le Conseil européen. Mais la notion de « compétence » est floue et source de confusion. Mesure phare de la loi Fillon, le socle commun a fait l’objet d’un décret en 2006.

Pourquoi la FSU est-elle opposée au socle commun ?

- 1 - La culture définie autour des huit compétences-clés du cadre européen est très restrictive : mis en oeuvre par la Loi Fillon de 2005, le socle est d’abord défini par un périmètre limitatif, excluant un certain nombre de disciplines jugées non utiles. L’élève n’est plus qu’un travailleur en formation qui devra maîtriser un certain nombre de compétences pour survivre et éventuellement trouver un emploi.

- 2 - La conception du savoir découpé en compétences étroites fait perdre tout sens aux apprentissages. Le socle s’appuie sur une conception linéaire et cumulative du savoir à travers l’image de la construction d’une maison à l’aide de briques. Il part du postulat qu’il existe des notions de base facilement définissables, sur lesquelles s’appuient les autres apprentissages : l’élève apprendrait marche après marche, par empilement de connaissances bien distinctes, sans oublier celles acquises précédemment. Ce modèle peut paraître logique et de « bon-sens », mais de nombreuses études ont montré que l’apprentissage ne se fait pas de manière linéaire et que l’on n’apprend pas obligatoirement du plus simple au plus compliqué.

- 3 - Le socle commun peut se révéler très vite un outil de tri des élèves.

Les élèves en difficulté sur les éléments du socle se voient proposer un programme d’aide uniquement pour acquérir les compétences du socle commun (Programme Personnalisé de Réussite Educative), l’idée étant celle d’une remédiation par répétition.

Cette piste, déjà tant de fois explorée, a fait la preuve de son inefficacité comme solution globale à des difficultés scolaires profondes.

- 4 - Le pilotage du système éducatif par l’évaluation est inquiétant.

On voit pointer toute une idéologie sur l’obligation de résultats, inspirée du management, en même temps que se renforce la contractualisation, en Zep et ailleurs, avec les contrats d’objectifs prévus par la loi Fillon. Dans ce contexte, où la contractualisation devenant la norme risque de donner son plein effet sur l’affectation des moyens, l’évaluation objective du système éducatif, à tous les niveaux, est fortement compromise. La contractualisation tue l’évaluation.

De plus, la conjonction de la contractualisation et d’une évaluation dénaturée aboutirait à renforcer la concurrence entre les établissements et le développement de stratégies internes de relégation des élèves les plus fragiles. Par ailleurs, la focalisation sur le socle commun, étriqué et utilitariste, sera bien moindre dans les établissements au recrutement socialement favorisé que ceux qui connaissent davantage de difficultés sociales et scolaires et qui sont victimes de stratégies de contournement de la carte scolaire, qu’ils soient en éducation, prioritaire ou non. L’insistance de la circulaire Zep sur le socle est très révélatrice. On voit bien se dessiner une école à deux vitesses.

Qu’adviendra-t-il des établissements, des élèves, des enseignants qui n’atteindront pas l’indicateur de performance ?

- 5 - La mission de l’école est profondément dénaturée.

Les élèves sont moins considérés comme des êtres sociaux et culturels en devenir que comme de futurs employés. Les compétences qui sont requises pour la formation “ de la main d’œuvre constituent un facteur essentiel d’innovation, de productivité et de compétitivité, et contribuent à la motivation et la satisfaction professionnelle des travailleurs, ainsi qu’à la qualité du travail. ”

On le voit, nous sommes très loin des objectifs de formation d’un citoyen cultivé, libre et critique. Il s’agit de former une main d’œuvre employable, productive et compétitive, et qui accepte au passage, l’ordre établi.

Ce n’est pas notre conception de la culture commune, bien au contraire.

Le socle ainsi défini va aggraver de façon structurelle les discriminations déjà existantes et les difficultés scolaires. Il va contribuer à diminuer le niveau d’éducation de la population française, notamment la moins favorisée

 

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