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24 septembre 2007

A propos de la lettre de Sarkozy aux éducateurs : morceaux choisis


« Jadis il y avait sans doute dans l’éducation trop de culture et pas assez de nature. Désormais il y a peut-être trop de nature et plus assez de culture. Jadis on valorisait trop la transmission du savoir et des valeurs. Désormais, au contraire, on ne la valorise plus assez. L’autorité des maîtres s’en est trouvée ébranlée. Celle des parents et des institutions aussi. »

De quelles valeurs est-il question ?

« L’échec scolaire a atteint des niveaux qui ne sont pas acceptables. »

Afin d’améliorer le système, quoi de plus normal que de supprimer des milliers de postes.

« Les chances de promotion sociale des enfants dont les familles ne pouvaient pas transmettre ce que l’école ne transmettait plus se sont réduites. »

Avant, la Mère Ecole se substituait à la mère naturelle déficiente, inculte et miséreuse… Qu’il est loin le temps jadis béni !

« Il y a chez chaque enfant un potentiel qui ne demande qu’à être exploité. Chaque enfant a une forme d’intelligence qui ne demande qu’à être développée. »

Et oui, y’en a qui sont plus égaux que d’autres ! A chacun ses possibilités :
- des enfants sont doués dans l’art du maniement du balai, aussi faut-il très tôt les placer sur leurs bons rails.
- des enfants sont dotés d’un bon compte en banque précoce, il est légitime qu’ils puissent mener à bien des études qui leur permettront de bien s’occuper du gentil pécule si chèrement acquis.

« Récompenser le mérite, sanctionner la faute, cultiver l’admiration de ce qui est bien, de ce qui est juste, de ce qui est beau, de ce qui est grand, de ce qui est vrai, de ce qui est profond, et la détestation de ce qui est mal, de ce qui est injuste, de ce qui est laid, de ce qui est petit, de ce qui est mensonger, de ce qui est superficiel, de ce qui est médiocre, voilà comment l’éducateur rend service à l’enfant dont il a la charge et comment il lui exprime le mieux l’amour et le respect qu’il lui porte. »

Sans commentaire… Euh… cherchez bien l’auto-bâche.

« Respect du professeur vis-à-vis de l’élève, des parents vis-à-vis de l’enfant, respect de l’élève pour le professeur, de l’enfant pour ses parents, respect des autres et respect de soi-même, voilà ce que l’éducation doit produire. »

Tiens, mais il manque : Respect des parents vis-à-vis de l’enseignant…

« C’est la raison pour laquelle nous devons conserver, même si nous devons le rénover, notre modèle d’école républicaine qui brasse toutes les origines, toutes les classes sociales, toutes les croyances, et qui s’impose de rester neutre face aux convictions religieuses, philosophiques ou politiques de chacun en les respectant toutes […] Si je veux que l’école, par-dessus tout, demeure laïque, c’est parce que la laïcité est à mes yeux un principe de respect mutuel et parce qu’elle ouvre un espace de dialogue et de paix entre les religions, parce qu’elle est le plus sûr moyen de lutter contre la tentation de l’enfermement religieux. »

Mais c’est bien sûr : l’Ecole Privée n’a pas lieu d’être !

« Si je souhaite aller progressivement vers la suppression de la carte scolaire, c’est précisément pour qu’il y ait moins de ségrégation. »

Ben voyons : tout le monde dans les écoles des quartiers favorisés et personne ailleurs : la Société de Demain s’annonce belle dans un Monde Parfait. Ou alors, les enfants des couches sociales les plus aisés vont migrer vers les Zones Ambition Réussite justement dans le but d’avoir l’ambition de réussir.

« Si je souhaite réformer le collège unique, c’est pour que chacun puisse y trouver sa place, pour que les différences de rythmes, de sensibilités, de caractères, de formes d’intelligence soient mieux prises en compte de façon à donner à chacun une plus grande chance de réussir. »

Revoilà notre fort en balais ! T’es pas fait pour les études, mon gars, inutile de poursuivre dans cette voie. Mais au fait, où est-il le collège unique ?

« La famille joue bien sûr un rôle essentiel dans la transmission de l’identité nationale. Mais c’est l’école qui est le creuset. »

Allons enfants …

« Nous devons remettre la culture générale au cœur de notre ambition éducative. »

On n’vous l’fait pas dire.

« Si tant d’adolescents n’arrivent pas à exprimer ce qu’ils ressentent, si tant de jeunes dans notre pays n’arrivent plus à exprimer leurs émotions, leurs sentiments, à les faire partager, à trouver les mots de l’amour ou ceux de la douleur, si beaucoup d’entre eux n’arrivent plus à s’exprimer que par l’agressivité, par la brutalité, par la violence, c’est peut-être aussi parce qu’on ne les a pas initiés à la littérature, à la poésie, ni à aucune des formes d’art qui savent exprimer ce que l’homme a de plus émouvant, de plus pathétique, de plus tragique en lui . »

La violence sociale n’existe pas. On peut vivre en dessous du seuil de pauvreté sans violence si très tôt l’art est venu à notre secours pour palier nos carences alimentaires : « cultiver l’admiration de ce qui est bien, de ce qui est juste, de ce qui est beau, de ce qui est grand, de ce qui est vrai, de ce qui est profond »… On ne s’en lasse pas.

« Pour que le savoir devienne plus vivant, plus concret, il faut ouvrir davantage le monde de l’éducation sur les autres mondes, ceux de la culture, de l’art, de la recherche, de la technique et, bien sûr, sur le monde de l’entreprise qui sera celui dans lequel la plupart de nos enfants vivront un jour leur vie d’adulte. Il faut que nos enfants rencontrent des écrivains, des artistes, des chercheurs, des artisans, des ingénieurs, des entrepreneurs qui leur feront partager leur amour de la beauté, de la vérité, de la découverte, de la création. Des liens doivent être tissés entre les institutions culturelles, les centres de recherche, le monde de l’édition, des entreprises et les écoles, les collèges, les lycées. Il ne faut pas que les enfants restent enfermés dans leur classe. Très tôt, ils doivent aller dans les théâtres, les musées, les bibliothèques, les laboratoires, les ateliers. »

Mais où veut-il en venir ? Il faut que nos enfants rencontrent …des entrepreneurs. Des liens doivent être tissés entre … des entreprises et les écoles.

« Très tôt ils doivent être confrontés aux beautés de la nature et initiés à ses mystères. C’est dans les forêts, dans les champs, dans les montagnes ou sur les plages que les leçons de physique, de géologie, de biologie, de géographie, d’histoire mais aussi la poésie, auront souvent le plus de portée, le plus de signification. Il faut apprendre à nos enfants à regarder aussi bien le chef d’œuvre de l’artiste que celui de la nature. »

Dehors !

« Au lieu de mettre en place une sélection brutale à l’entrée de l’université qui serait une solution malthusienne, il nous faut élever progressivement le niveau d’exigence à l’école primaire, puis au collège et au lycée. Nul ne doit entrer en 6e s’il n’a pas fait la preuve qu’il était capable de suivre l’enseignement du collège. Nul ne doit entrer en seconde s’il n’a pas fait la preuve qu’il était capable de suivre l’enseignement du lycée et le baccalauréat doit prouver la capacité à suivre un enseignement supérieur. Ce sera un long travail qui ira de la reconstruction de l’école primaire à celle du lycée. »

Y’en a qui ne doivent pas passer. Mais alors, y vont rester ?

« Jadis l’instituteur, le professeur avaient une place reconnue dans la société parce que la République était fière de son école et de ceux auxquels elle en avait confié la charge. L’instituteur, le professeur était fier de son métier, fier de servir la République et une certaine idée de l’Homme et du progrès. Nous devons renouer avec cette fierté. Dans l’école de demain vous serez mieux rémunérés, mieux considérés et à rebours de l’égalitarisme qui a trop longtemps prévalu, vous gagnerez plus, vous progresserez plus rapidement si vous choisissez de travailler et de vous investir davantage. »

Et oui ! Travailler plus pour gagner plus ! Ou alors faire plus d’heures donc moins bien préparer, moins bien corriger, moins bien réfléchir mais gagner plus de pépettes !

Et maintenant, le bouquet final ! Attention…lisez !

« Chacun d’entre vous comprend que la révolution du savoir qui s’accomplit sous nos yeux ne nous laisse plus le temps pour repenser le sens même du mot éducation. Chacun d’entre vous est conscient que face à la dureté des rapports sociaux, à l’angoisse devant un avenir de plus en plus vécu comme une menace, le monde a besoin d’une nouvelle Renaissance, qui n’adviendra que grâce à l’éducation. A nous de reprendre le fil qui court depuis l’humanisme de la Renaissance jusqu’à l’école de Jules Ferry, en passant par le projet des Lumières. Le temps de la refondation est venu. C’est à cette refondation que je vous invite. Nous la conduirons ensemble. Nous avons déjà trop tardé. »

Mazette !

 

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