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22 novembre 2018

CR RIS avec Edith Maruejouls

Dans cet article, vous trouvez les éléments discutés lors de la RIS " MIXITE A LA CONQUETE DE L’ESPACE, Comment penser la cour d’école pour plus d’égalité entre les filles et les garçons ?"

Nous sommes tout d’abord ravis du succès de cette RIS : 80 personnes. Le thème autour de la mixité scolaire et de l’égalité filles-garçons était donc pertinent.

Voici pour les absent.e.s un très bref compte-rendu d’une RIS qui nous a apporté des éléments de réflexion et de compréhension suite à des recherches et études menées sur la mixité « filles-garçons » ainsi que des pistes de réflexion/d’actions pour améliorer la question de l’égalité filles-garçons dans les cours de récréation.

Edith travaille depuis une vingtaine d’année sur l’égalité « filles/garçons et femmes/hommes ».

En vrac, quelques points abordés cet après-midi là : Elle nous a fait une présentation générale très intéressante :

-  sur la question des stéréotypes de sexe qui reste encore très importante.

-  Cette distinction de sexe sert une hiérarchie : l’inégale valeur des femmes et des hommes que l’on retrouve dans le monde du travail (alors que les femmes réussissent légèrement mieux dans les études scolaires, 70% des travailleurs pauvres sont des travailleuses ; 80 % des temps partiels sont exercés par des femmes ; dès le début de leur carrière, à niveau égal d’étude et de travail, elle gagne moins ; moins nombreuses à avoir un emploi stable ; beaucoup plus harcelée, ...)

• Les stéréotypes commencent et sont entretenus (consciemment ou non, il ne s’agit pas de culpabiliser les gens mais de comprendre cette réalité) dès la petite enfance. Edith a pris l’exemple d’un body pour bébé fille et bébé garçon avec des inscriptions dessus. Outre la couleur (bleu garçon, violet fille mais pas rose !), les adjectifs présents sur chaque body sont :

-  pour les filles : jolie, coquette, rigolote, douce, gourmande, amoureuse, belle, mignonne, têtue, adjectifs qui dixit Edith Maruéjouls « se rattachent au corps et font décor ».

-  Pour les garçons : courage, force, déterminé, cool, vaillant, rusé... Ce n’est pas anodin. Les mots ont un sens et devancent un comportement qui sera attendu et répété. Ainsi les études montrent que plus âgée, la charge mentale des filles concernant leur tenue vestimentaire est très importante : derrière cela se cache « quelle est la tenue correcte exigée ? »

A l’école, les garçons ont souvent peur d’être traité de fille comme si être fille était une insulte. Au collège, c’est la peur d’être traité d’homosexuels. On voit ainsi que sexisme et homophobie peuvent être liés.

• La cour de récréation n’échappe pas à la non mixité et à une certaine inégalité dans la répartition de l’espace. Dans les observations menées par Edith, il est rare de voir un jeu ensemble fille/garçons au milieu de la cour ; or quand on prescrit un usage, on prescrit un public (exemple du skate park ; du boulodrome dans l’espace public majoritairement dédié au public masculin comme le foot (hand, basket, ...) dans les cours de récré pour les garçons). Il ne faut pas avoir peur de requestionner cela. Pourquoi n’avons-nous pas mis des pistes de danse dans l’espace public ?

L’enjeu de la cour est que l’on puisse négocier tous les jeux, que l’on puisse jouer à autre chose.

• Edith a mené une étude en questionnant les élèves (collège et école) : Quelle est la réalité de la répartition dans l’espace ? Quelle est la perception des enfants ?

Comment les enfants voyaient eux même la cour ? D’après eux, où est ce qu’il y avait le plus de garçons dans la cour ? Ou le plus de filles ? Comment est-ce que les élèves circulaient dans la cour ?

Les élèves devaient répondre par des dessins et voici ce qu’ils ont globalement répondu :

- les filles étaient beaucoup aux toilettes car espace privé (et relégué) et on se recoiffe ...

- les garçons présents très majoritairement sur le terrain de foot.

- Où que soit placé le terrain de foot, c’est là que ça fait sens pour les élèves (tout le monde le dessine) et c’est là où les garçons doivent être ; les gars qui jouent au foot ne savent pas du tout ce qui se passe ailleurs, n’ont pas conscience « du reste de la cour » contrairement aux garçons et filles qui jouent de manière mixte qui ont plus conscience des autres.

- Au niveau de la circulation, les garçons passent plus facilement au milieu, ne se posent pas de questions quand les filles passent sur le côté et font attention.

- Constat : pas beaucoup de mélange et des enfants restent seuls.

Des questions légitimes peuvent se poser :

-  Est-ce vraiment important que les filles jouent au football (hand, basket, ....) ?

-  Certaines filles sont parfois acceptées au foot, pourquoi ?

-  Pourquoi les filles sont-elles considérées comme gênantes par les garçons avec leurs cerceaux si elles passent trop près du terrain ?

-  Y a-t-il mélange entre filles et garçons (mangent-ils ensemble à la cantine ; jouent-ils ensemble ?)

Pourtant la mixité est un enjeu essentiel dans les projets égalitaires. Les filles doivent pouvoir jouer au foot ; Les garçons doivent s’autoriser à danser. Pour travailler à l’école la mixité ou l’égalité filles-garçons, il faut un cadre « légal » où il est stipulé que nous sommes « à égale liberté ».

La 1ere condition à l’égalité, c’est l’égale liberté ; or des filles disent parfois « j’ai pas le droit de jouer au foot » quand pour les femmes ça deviendra « j’ai pas le droit de m’habiller comme ça surtout à partir d’une certaine heure ; ça ne se fait pas de prendre une bière dans un bar seule ; .... ». Cela participe des mêmes mécanismes. Beaucoup de choses semblent se cristalliser autour du CE2.

• Disqualifier les filles, c’est aussi disqualifier plein d’autres catégories : si les filles ne peuvent pas jouer, toi non plus car tu es trop petit, trop gros , ...... Cela pose d’autres questions : peut-on jouer quand on ne sait pas ? Plus de mixité c’est plus d’égalité pour les filles mais aussi pour l’ensemble des élèves. Etre à égalité c’est partager les moments /les jeux, ce n’est pas un espace de jeux pour les filles, un espace de jeux pour les garçons (ça c’est morceler et non pas partager).

• Pistes pour favoriser mixité/mélange/partage entre les filles et les garçons (mais aussi petits /grands, forts/maigres, à l’aise/moins à l’aise.....) :

-  1 récré sans football
-  1 récré sans ballon
-  proposer des jeux collectifs (jeux traditionnels, Molky,...) avec les enseignants au début
-  inventer/choisir des jeux à réaliser sur le terrain de football/de hand/de basket pour voir que ces terrains peuvent aussi servir à d’autres types de jeux.
-  disperser dans l’espace des ambiances (caisse de jeux, espace musique, ....)
-  Espace où on peut se retrouver, s’isoler tout en étant vu « discrètement » pour être en « sécurité »
-  Lieux où s’asseoir pour se poser /discuter (banc, chaises, .... ) quitte à sonner quelques minutes avant pour ranger : c’est le contrat.
-  Lieux d’expression : salle pour dessiner, craie pour dessiner dans la cour, ......
-  Manger ensemble c’est important (ce n’est pas nous qui gérons cela mais cela peut être une discussion avec la mairie) Merci à Edith Maruéjouls. Si vous avez d’autres pistes, n’hésitez pas à nous écrire pour que nous les rajoutions.

Les RIS ne sont possibles que parce que des collègues se syndiquent et donnent ainsi au SNUipp-FSU les moyens de faire des bulletins, d’organiser des réunions … N’attendez plus, REJOIGNEZ-NOUS !

 

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