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7 octobre 2019

Classe à plus de 40, dans le privé aussi NOTRE hiérarchie se moque de « l’intérêt des élèves » !

Classe à plus de 40, dans le privé aussi NOTRE hiérarchie se moque de « l’intérêt des élèves » !

Oui… bon alors… l’exercice n’est pas évident quand on a la logique du service public chevillée au corps. Non ce ne sera pas un article de « défense du privé », Macron ne nous a pas, encore, blanquerisé le cerveau !

Pour autant les conditions de travail des collègues qui y sont et surtout les conditions d’accueil des enfants ne doivent pas être des tabous. Quoi qu’on pense du choix du privé : CES ENFANTS N’ONT PAS CHOISI. Donc, oui, les conditions dans lesquels ils apprennent nous concernent aussi. Surtout que pour bonne part, faut-il le rappeler, les écoles privées sont sous contrat et sont donc financées et contrôlées par l’Etat, donc par nos inspecteurs. Et manifestement ce qu’ils s’y permettent, nous allons le voir, est assez révélateur de ce qui pourrait nous arriver…

Quand on a su, tardivement et par hasard, qu’une collègue d’une école catholique de Limoges avait fini son année 2016-2017 de TPS-PS à 48 élèves, l’incompréhension et la colère nous ont fait sauter les barrières entre public et privé. 48 élèves dans une seule et même classe…

Comment accepter que des enfants soient ainsi « élevés en batterie » ? Comment se moquer du sort de la collègue et de la pression qu’elle a dû subir dans ce poulailler ? Comment comprendre que l’Inspection, nos inspecteurs, aient pu valider une telle répartition, ne rien dire, ne rien faire ?

On pourra objecter bien sûr que cela n’arriverait pas dans le public… Que, chez nous, les parents n’auraient jamais accepté ça. Que chez nous, les directeurs ne sont pas guidés par cette logique comptable (un inscrit de plus, c’est des cotisations parentales de plus). Que chez nous, ils n’ont pas de pouvoir hiérarchique pour faire accepter cela aux collègues.

Pourtant chez nous, on le voit, les effectifs sont chaque année plus lourds en moyenne. Et l’idée de Blanquer, lorsqu’il voulait nous imposer ses « supers directeurs » adjoints des principaux de collèges, était bien celle-là : donner un pouvoir hiérarchique à des directeurs « bien choisis » pour agir en courroie de transmission de sa politique. Au sein des fameux EPLESF, ils auraient eu pour rôle de nous évaluer, et auraient pu imposer leurs décisions aux collègues comme… dans le privé. Enfin, on le voit déjà dans les facs ou même les lycées depuis la réforme du bac et Parcours Sup’, la mise en concurrence des établissements entre eux est un credo du gouvernement. Cela n’est pas encore en place chez nous, mais ça pourrait venir et le changement de statut des directeurs en était un jalon. Il n’y aura alors qu’un pas pour qu’on bourre bien les classes pour avoir un peu plus de crédits de fonctionnement, les facs le font depuis longtemps !

En tout cas l’Inspection, qui a validé sans rien dire une classe de 48 petits, montre qu’elle est tout à fait prête à passer ce cap. Pas une seconde, elle n’a soutenu la collègue ou s’est opposée à la direction de l’école. Comment s’en étonner ? On le voit bien, derrière les grands principes de l’école de « la Confiance », grattez un peu et le vernis de « l’intérêt des élèves » s’effrite vite.

Réforme du statut des directeurs, évaluations nationales, refonte des CHSCT, la novlangue macro-blanquerienne passe son temps à nous vendre toute réforme comme étant dans l’intérêt des enfants et du métier… Mais on le voit chez nous comme dans le privé : la logique comptable et managériale domine partout, c’est elle qui a poussé au suicide notre collègue de Pantin, Christine Renon.

C’est à cette logique que nous devons et devrons encore et encore nous opposer. Car nous sommes bien seuls quand il s’agit vraiment de l’intérêt des élèves.

Antoine Guillaumie

 

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