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14 janvier 2010

La réforme de la formation : où en est-on ?

Depuis l’année dernière, on en parle beaucoup mais rien n’est très clair et quand on pense avoir compris tout change ! Ce dont on est sûr,c’est de l’élévation du niveau de recrutement, il, faudra désormais posséder un master pour enseigner, mais quid de ce master ?

D’abord un petit retour en arrière :

Depuis la lettre de mission de Nicolas Sarkozy en juillet 2007 qui affirmait que :«  la formation des enseignants devra durer 5 ans et sera reconnue par un diplôme de niveau master »( si l’on considère que l’obtention d’un master équivaut à une formation d’enseignant !), la réforme de la formation et du recrutement des enseignants s’est engagée au pas de charge. Pendant des mois, les ministres de l’éducation et de l’enseignement supérieur ont multiplié les annonces dans la précipitation (généralement par voie de presse) sans concertation préalable avec les organisations syndicales et les acteurs concernés. L’ensemble de la communauté éducative a dénoncé cette réforme. Enseigner ne s’improvise pas et nécessite une formation approfondie tant en matière disciplinaire, que didactique et professionnelle.

L’année passée a été marquée par d’importantes mobilisations dans les universités et les IUFM. Le gouvernement a été contraint de reporter partiellement la mise en œuvre de la réforme en 2011, tout en mettant en place des mesures transitoires pour cette année (maintien de la PE1 et de la forme actuelle du concours, mais l’année de stagiaire après le concours 2010 sera profondément modifiée). Le gouvernement a également décidé de mettre en place, dès cette année, des stages en responsabilité pour les PE1 ou les étudiants en master (circulaire du 20 août 2009 sur « l’organisation de stages pour les étudiants en master se destinant aux métiers de l’enseignement »). L’idée de masters « métiers de l’éducation » avait un temps été évoquée mais n’a pas été retenue ; l’échec au concours aurait emmené des étudiants formés uniquement pour enseigner sur une voie de garage.

Aux dernières nouvelles :

Une nouvelle circulaire sur la mise en place des masters ouverts aux étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement vient de paraître. Beaucoup de flou dans ce texte ; morceaux choisis : « les formations proposées doivent être conçues comme des parcours de master ouvrant sur différents choix professionnels dont les métiers de professeur, CPE ou documentaliste . » « les masters intégreront une composante forte de formation professionnelle, de plus en plus importante dans le cursus, pour devenir majoritaire en 2ème année de master », certes mais la formation aux métiers de l’enseignement sera assurée par les formateurs, les conseillers pédagogiques les maîtres-formateurs d’une part et d’autre part par « les corps d’inspection, des personnels d’inspection, des personnels de direction et des enseignants des écoles qui accueillent les stagiaires ! » « plusieurs architectures de formation sont possibles, adaptées aux choix et caractéristiques des établissements d’enseignement supérieur et aux métiers visés : masters disciplinaires aménagés avec spécialités ou/et parcours orientés vers l’enseignement, masters disciplinaires ou pluridisciplinaires(…) » et/ou une formation différente selon les académies et ce qu’elles peuvent proposer ?! Les stagiaires durant leur 1ère année de fonction bénéficieront« d’enseignements permettant de compléter leur formation professionnelle », certes mais sur quel temps ? Jusqu’à présent on parlait de 2/3 de temps en classe et 1/3 en formation , là rien n’est dit. Voilà un texte que l’on pourrait qualifier de positif puisqu’il affirme notamment la nécessité d’une formation professionnelle mais on ne peut être qu’inquiets face à toutes les réponses qu’il ne donne pas ; et ce d’autant plus qu’il précise à la fin : « pour les nouveaux projets de formation, les dossiers seront étudiés au cours d’un CNESER (conseil national de l’enseignement supérieur) du mois de Juin 2010 !

Analyse du SNUIPP :

Remise en cause de la formation professionnelle : en sacrifiant la dimension didactique et pédagogique, le ministère fait le choix d’une formation axée sur les savoirs disciplinaires. Les savoir-faire professionnels sont appris par répétition de modèles sous la forme de compagnonnage, à l’opposé d’un métier de concepteur s’appuyant sur une réflexion et l’analyse de pratiques. Il s’agit là d’une vision du métier réductrice où l’enseignant assure une transmission des savoirs sur la base d’une représentation mécanique des apprentissages. Ce projet marque une volonté de mettre fin à l’existence des IUFM et à toutes les recherches sur l’acte d’enseigner et les processus de construction des apprentissages.

La question que pose la réforme de la formation est donc celle du modèle d’enseignement. Quelle formation des enseignants pour quel projet d’école et de société ? La transformation de l’école et les enjeux de la réussite de tous sont liés à ces choix.

Réduction de la diversité sociale de l’accès au métier : la nature des épreuves au concours structure la formation et le profil des futurs enseignants. La sélection axée sur le haut niveau de savoir académique vise à recruter une élite d’enseignants qui risque de se retrouver en grande difficulté pour enseigner malgré les compétences universitaires. De plus, avec l’allongement de la durée d’études, l’absence de pré-recrutements ou de système d’allocations réduit la diversité sociale. Simple aménagement des masters disciplinaires : le maintien des masters existants avec un simple aménagement de parcours professionnel marque une négation de la polyvalence des PE. Les disciplines scolaires du primaire sont absentes du cursus universitaires, elles sont renvoyées à l’année de stagiaire après le concours, de même que la formation professionnelle réduite à une adaptation à l’emploi (maîtrise de la classe, retour sur les pratiques professionnelles, niveaux d’enseignement, publics scolaires, connaissance du système éducatif, …).

Le calendrier concours-master est aberrant. Les concours en cascade (admissibilité PE puis PLC puis agrégation) pour permettre aux étudiants de rebondir sur le concours suivant en cas d’échec ne correspond absolument pas à la réalité des choix de cursus des étudiants qui généralement se déterminent professionnellement dès la licence. La 2ème année du cursus Master, normalement consacrée à la recherche, est dénaturée par l’empilement et la surabondance d’éléments de validations (modules académiques, mémoire, modules complémentaires de préparation au concours et stages en responsabilité). La question de l’articulation des stages dans la formation et de leur place par rapport au concours pose problème. De plus, le choix du ministère de recourir au statut d’agent public vacataire pour établir le contrat de travail permettant de rémunérer le stage en responsabilité des étudiants risque de favoriser un recrutement massif d’enseignants vacataires. Disparition de la formation professionnelle après le concours : avec une titularisation axée sur "la manière de servir" et validée uniquement par l’IEN, il n’y a aucune prise en compte des éléments de formation au cours de l’année de stagiaire (contrairement à la validation des actuels PE2). C’est une dérive vers le simple entretien d’embauche. La conception de l’année de stagiaire est également modifiée : actuellement le concours ouvre sur une formation professionnelle, alors que dans le projet du ministère il donne accès à une mise à l’essai sur le terrain. Le projet du ministère est porteur d’une conception rétrograde du métier d’enseignant qui se conjugue avec le dogme gouvernemental de la réduction des dépenses publiques.

Un tableau pour y voir plus clair ci-joint

 

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