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22 avril 2010

Compte rendu de la Réunion d’information syndicale sur la direction et le fonctionnement de l’école

Martial ELIE, membre du bureau du SNUipp-FSU 87 et directeur de l’école élémentaire Edouard Herriot de Limoges a fait un état des lieux de la situation en Limousin. Judith FOUILLARD, secrétaire nationale du SNUipp-FSU, a ensuite expliqué les projets et objectifs de l’actuel gouvernement pour ce qui concerne la direction et le fonctionnement de l’école. Une vingtaine de collègues ont assisté à cette RIS, très instructive et dont le compte rendu suit.

Les projets gouvernementaux obéissent à une logique programmée dès 2007, lors de la campagne électorale présidentielle. Le précédent ministre de l’éducation nationale Darcos a déjà appliqué plusieurs mesures dont on connait la teneur et l’intérêt. Reste comme gros sujet qui fâche le dossier direction, à la charge de Chatel. Et bien sûr, retour sur les EPEP, les fameux Etablissements Publics de l’Enseignement Primaire.

"A la lecture du 3ème rapport sur la révision générale des politiques publiques (RGPP)", , "il reste un seul "feu rouge", signalant une mesure qui n’a pas encore réussi à passer : la mise en place des EPEP, les établissements publics de l’enseignement primaire, c’est-à-dire la réorganisation de cet enseignement en établissements dirigés par un chef d’établissement à l’image du secondaire. "

Une mesure là aussi largement combattue par le SNUipp mais qui devrait être le prochain objectif de L. Chatel.

Luc Chatel vient de lancer la procédure qui pourrait permettre la généralisation des EPEP. Un décret daté du 17 mars nomme le député Frédéric Reiss, chargé d’une mission temporaire auprès de Luc Chatel. Elle concerne le statut des directeurs d’école primaire et les directions. Elle aboutira à un rapport fin juin.

Or Frédéric Reiss avait remis en novembre 2008 un rapport préconisant la généralisation des EPEP et un statut hiérarchique pour les directeurs d’école.

Arguant que " l’autorité et le rayonnement pédagogique d’un directeur d’école, d’un principal de collège ou d’un proviseur de lycée jouent pour beaucoup dans l’amélioration des résultats obtenus par un établissement", il y plaidait pour la création de directeurs d’école ayant un rôle comparable à celui des proviseurs.

Le député Frédéric Reiss est chargé d’une mission de six mois sur les directions d’écoles.

Frédéric Reiss, député UMP du Bas-Rhin, est chargé par François Fillon, Premier ministre, d’une mission temporaire auprès du ministre de l’Éducation nationale sur le thème des directions d’écoles, indique un décret paru au Journal officiel du 19 mars 2010.

Frédéric Reiss était l’un des trois co-auteurs de la proposition de loi sur les Epep déposée en septembre 2008. Cette proposition de loi n’avait jamais été examinée en raison de mouvements lycéens et étudiants. « La direction d’école est un thème sur lequel je me suis engagé depuis mon arrivée à l’Assemblée nationale, interpellé que j’étais par la grève administrative des directeurs d’école qui n’en finissait pas », explique le député à AEF.

« Ma mission est aujourd’hui de réfléchir à un statut pour les directeurs et pour les écoles. J’ai six mois pour le faire, sachant que je dois rendre un rapport d’étape en juin. »

« ÉCOLES DU SOCLE COMMUN » ?

Frédéric Reiss « regrette profondément » que le décret d’application de la loi du 1er août 2004 permettant l’expérimentation des Epep n’ait jamais été pris, car il ne pourra pas s’appuyer sur des expériences de terrain pour ses préconisations. Il évoque le même regret pour un décret d’application de la loi du 23 avril 2005 sur « l’évolution des conditions de recrutement et de formation des directeurs ». Il compte inscrire sa réflexion dans le changement introduit par la réforme de la masterisation, souhaitant voir comment rendre la formation des directeurs « plus efficace ».

Il s’appuiera également sur les conclusions de la mission d’information parlementaire relative à la mise en œuvre du socle commun - dont il est membre et dont les conclusions « peu optimistes » seront rendues prochainement - en proposant par exemple la création « d’écoles du socle commun » qui pourraient aller de la maternelle au collège.

L’association des maires de France, des maires ruraux, l’ANDEV entre autres sont opposés à ces projets.

Ce qui pose un problème réel au gouvernement qui, sans l’appui des collectivités, ne peut mettre en place ce projet. L’ANDEV, en octobre 2009, a commandé un sondage sur les EPEP et 14% seulement des maires se sont déclarés pour (Ils étaient 31% lors d’un précédent sondage il ya quelques années). Les maires craignent, à juste titre, de ne plus avoir de pouvoir de décisions sur les financements de laur école.

Frédéric Reiss doit fournir un rapport d’étape à Chatel en juin.

Pour lui, les EPEP feraient parti du dispositif EPLE (Etablissements Publics Locaux d’Enseignement bien connu dans le second degré et combattu par le SNES-FSU). Toutes les écoles de 15 classes au moins deviendraient EPEP, et dans les zones rurales, le seuil serait abaissé à 13 classes. La gestion des EPEP serait confiée à un Conseil d’Administration se substituant au Conseil d’Ecole. Ce CA serait composé de 13 membres : 1 directeur, 3 enseignants et 1 personnel non enseignant de l’EPEP, 4 représentants des parents d’élèves et 4 représentants de la commune. Le président du CA n’est pas forcément un enseignant, ce peut être un élu par exemple. Le statut du directeur de l’EPEP reste à définir, mais une chose est sûre, il serait nommé par l’administration et disposerait des mêmes pouvoirs que ceux du chef d’établissement des EPLE. L’EPEP aurait également un Conseil Pédagogique (CP) composé des enseignants et du directeur qui se substituerait à l’actuel Conseil des Maîtres.

Les objectifs officiels, écrits des EPEP, sont notamment :

- assurer la mixité sociale (comment !?)
- regrouper les écoles de petite taille (milieur rural) de façon à atteindre 13 classes. Il s’agit en fait d’étendre les territoires de recrutement des écoles et donc de supprimer encore et encore des écoles.
- mutualisation des moyens humains et financiers : clairement, supprimer des postes, pour pouvoir poursuivre la politique du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Frédéric Reiss pense qu’il y a un effet du chef d’établissement sur la réussite des élèves : il pense qu’en donnant de nouvelles responsabilités aux directeurs, et un statut particulier, le fonctionnement de l’écoles et ses résultats seront améliorés. Selon lui, le directeur de l’école est actuellement le « maillon faible de l’Education ».

L’objectif non avoué mais bien réel et bien visible est tout simplement de privatiser l’Education Nationale (comme tous les autres services publics). Les moyens alloués aux écoles privés sont, en proportion, bien supérieurs à ceux du public...

 

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