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22 avril 2010

INTERVENTION Fédération Syndicale Unitaire 87 CDEN du 21 AVRIL 2010

Le Gouvernement vient d’essuyer voici quelques semaines une lourde défaite électorale ; cette défaite illustre le rejet par une majorité de nos concitoyens des politiques libérales et des multiples contre-réformes menées à marche forcée et sans dialogue social depuis plusieurs années.

Cette politique a conduit à supprimer plus de 100 000 emplois dans la fonction publique d’Etat depuis 2007.

Cette politique est aggravée par les attaques contre le statut, l’individualisation des rémunérations et la mise en concurrence des agents, les effets de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et de la Réorganisation administrative territoriale de l’Etat (RéATE) qui ont des conséquences néfastes sur les conditions de travail des personnels et sur la qualité du service public rendu à la population.

L’Education nationale, déjà mise à mal par une saignée sans précédent de ses effectifs, l’Enseignement Supérieur et la Recherche, sont frappés de plein fouet par des réformes plus régressives les unes que les autres. Ainsi, pour la seule Education, le budget 2010 entérine la suppression de 16 000 nouveaux emplois dans l’éducation qui s’ajoutent aux 13 500 de 2009 et aux 11 200 de 2008. Les effets cumulatifs des milliers de suppressions de postes se font pourtant déjà lourdement sentir (effectifs, maternelle, aide aux élèves en difficulté, remplacements, mise en péril des services administratifs, dégradation générale des conditions de travail). Les 16 000 nouvelles suppressions du budget 2010 vont encore alourdir la facture et faire quasiment disparaître la formation des maîtres . Le service public d’éducation, comme l’ensemble des services publics est dans la ligne de mire du gouvernement.

En revanche, ce même budget 2010 met en évidence de nouveaux cadeaux pour l’enseignement privé qui se font au détriment de l’enseignement public : la part des suppressions dans l’enseignement privé ne représente que 7,5% de celle du public quand elle devrait représenter 20% pour maintenir un équilibre construit depuis plus de 20 ans et qui est déjà totalement injuste pour l’enseignement public. Le ministre continue avec le nombre de places aux concours de recrutement des enseignants du second degré. Le nombre de places aux concours pour le public est globalement sans changement, alors que le ministre reconnaît, par écrit, que des déficits importants existent. Par contre, pour le privé, le nombre de places aux concours de recrutement des enseignants pour le second degré est multiplié par 2,4. Luc Chatel a beau être ministre de la République, quand il s’agit d’aider ses amis idéologiques, les valeurs républicaines et en particulier la laïcité n’ont plus cours.

La loi Carle génère elle aussi des atteintes graves à la laïcité. En effet, cette loi institue une parité de financement entre les écoles publiques et privées qui accentue l’inégalité de traitement entre une école publique qui a vocation à accueillir tous les enfants et une école privée qui conserve la maîtrise de son recrutement et se voit octroyer une plus grande liberté de gestion.

Pourtant, en Haute-Vienne, sur la période 2002-2009, quand les écoles publiques du département gagnaient 2231 élèves supplémentaires, les écoles privées en gagnaient … 4 ! Même constat dans les collèges, sur la même période, les collèges publics, suite à une baisse démographique, perdaient 1068 élèves, quand les collèges privés en perdaient eux 176, ce qui est proportionnellement beaucoup plus. Monsieur l’Inspecteur d’Académie s’était engagé, lors du précédent CDEN, le 6 novembre 2009, à nous fournir, pour ce jour, les données concernant les moyens d’enseignement mis à la disposition de l’enseignement privé. Sauf erreur de notre part, nous n’en avons trouvé trace dans les documents préparatoires.

Pour la FSU la question de la laïcité est intrinsèquement liée à la conception des services publics notamment du service public d’Education. l Les quelque 577 millions d’euros économisés par la suppression de 34 000 fonctionnaires méritent d’être comparés avec d’autres décisions de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement. Parmi les mesures emblématiques les plus récentes, la baisse de la TVA dans la restauration coûte plus de 2.5 milliards d’euros par an au budget de l’Etat. Quant à la Loi TEPA (loi soit disant en faveur travail et du pouvoir d’achat), qui représente, chaque année, 13 milliards d’euros (soit 20% du budget de l’éducation nationale), elle contient nombre de dispositions au caractère social contestable et à l’efficacité économique largement contestée. Ainsi la diminution des droits de succession fait perdre, chaque année, 2.3 milliards de recettes fiscales. Quant au bouclier fiscal, présent dans la même loi, il a permis pour 2009 la distribution de 400 millions d’euros à un millier de contribuables les plus fortunés.

Ces choix clairs ont une incidence directe et néfaste sur les opérations de carte scolaire que nous allons traiter aujourd’hui.

En ce qui concerne le primaire, une dotation positive de 22 postes pourrait apparaître satisfaisante, c’est du moins ce que l’on voudrait faire croire. Mais déjà de ces 22 postes il faut enlever les postes qui seront affectés à la décharge de direction des écoles à 4 classes, puisqu’ avec la « réforme » de la formation il n’y aura plus de professeurs des écoles stagiaires pour les assurer. Et le département va devoir faire face à une nouvelle augmentation d’élèves à la rentrée : 290 élèves spplémentaires. Depuis quelques années le département ne cesse de gagner des élèves comme le montrent les chiffres de l’Inspection Académique. Et nous sommes désormais bien installés en dessous de la moyenne nationale en ce qui concerne le rapport Postes /Elèves . Le nombre d’élèves par classe ne cesse d’augmenter. Dans les groupes de travail et dans les commissions paritaires , que fait-on ? On cherche les écoles où l’on pourrait fermer des postes, mais l’exercice est de plus en plus difficile car tous les postes sont nécessaires. Quand allons nous parler des enfants, des difficultés des écoles et de l’avenir de nos jeunes ?

Concernant les collèges de la Haute-Vienne, la hausse des effectifs déjà amorcée se poursuit avec 84 élèves supplémentaires envisagés, ce qui représente globalement trois divisions. Comment pourra-t-on aussi bien faire réussir ces élèves, notamment ceux en difficulté, quand on voit que la DGH-Division Globale Horaire- diminue de 223,7h ? On ne peut aussi que protester et s’inquiéter face à la suppression annoncée de 18 postes d’enseignants pour seulement deux créations. Ce solde très négatif est inédit, ne se justifie absolument pas et va entraîner des situations humainement très douloureuses.

Il est urgent de revenir sur le dogme aveugle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux.

D’autre part, la FSU s’inquiète de l’évolution du dialogue social, que ce soit au plan national ou local. Nous avons le sentiment que l’on essaie de vider les instances paritaires de leur objet. En témoignent les derniers CTPD à l’issue desquels quasiment rien n’avait évolué. Enfin, nous n’avons pas trouvé trace dans les documents préparatoires du procès-verbal du dernier CDEN…

 

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