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15 mars 2011

Réunion d’Information syndicale (RIS) sur les RYTHMES SCOLAIRES

Avec la présence de Claire Leconte, professeure en psychologie de l’éducation à Lille III

Rappel : chacun de nous a droit à 2 demi-journées d’info syndicale dans l’année sur notre temps de travail, soit 6 heures.

Participer à une RIS ( réunion d’info syndicale comme sus-dit !) vous donne droit à une « déduction » d’une conférence pédagogique de votre choix (et y compris des « obligatoires »)

Il n’est pas trop tard pour remplacer l’une par l’autre, vous trouverez sur notre site ou sur place le jour de la RIS un modèle de lettre à fournir à votre inspection. Nous collecterons ces lettres pour les transmettre à l’administration si vous ne l’avez pas fait au préalable.

Mercredi 23 Mars

de 9h à 12h

Salle Blanqui amphithéâtre

à Limoges (derrière la mairie)

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Discussion sur les rythmes scolaires...

La phase de consultation de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires s’est achevée en janvier par la remise au ministre du « rapport d’étape » ; celui-ci sera suivi en juin d’un complément et d’une série de propositions. En tout cas « le statu quo n’est plus possible », c’est le ministre qui le dit, « il faut changer les rythmes de l’école qui ne sont plus adaptés au monde d’aujourd’hui » mais rassurez-vous il n’entend pas jouer la précipitation !

Et ce serait effectivement bien si pour une fois, on prenait le temps de la réflexion car je ne sais pas comment ça s’est passé dans votre école, mais dans la mienne, en à peine dix ans, on a déjà changé 3 fois d’organisation de la semaine : samedi matin, mercredi matin et pour finir 4 jours ; la décision étant toujours prise par d’autres (secteur de collège oblige) et annoncée toujours tardivement, en juin pour la rentrée de septembre par exemple. Or, à chaque fois, tout est à réorganiser : les emplois du temps de chaque classe, l’organisation de l’école (services, décloisonnement…), la garderie, le centre aéré du mercredi, le service de car ...

En tout cas, pas de surprise dans les 140 pages de ce rapport écrit à l’issue d’une soixantaine d’auditions et d’une consultation Internet : l’écolier français vit la journée la plus chargée conjuguée à l’année la plus courte. Une organisation qui ne contribue pas à la réussite scolaire et fragilise un peu plus les moins socialement favorisés. Alors quelles solutions ? Dans un article paru le 25 janvier dans le Monde, Maryline Baumard écrit : « L’intérêt des élèves passerait par une semaine de quatre jours et demi de cours en primaire, et davantage de devoirs faits à l’école. L’idée de moduler la durée de la journée en fonction de l’âge des enfants n’est pas écartée. En revanche, les conclusions de ces six mois de travail font état d’une absence de consensus sur la réduction des vacances d’été.

Le ministre a demandé au comité de travailler quatre pistes : d’"approfondir des domaines trop peu explorés, comme le rapport entre temps scolaire et périscolaire par rapport au temps à l’école et au temps familial". "Il est ensuite nécessaire d’accroître les comparaisons avec l’Europe", car "les décisions qui seront prises doivent s’inscrire dans le cadre des pays frontaliers, voire de l’Europe dans son entier". Il faut aussi "envisager, dans toutes leurs conséquences, les évolutions dues à l’école numérique, dont nous savons tous qu’elle représente probablement l’une des plus puissantes sources de progrès dans l’accès aux savoirs", a-t-il précisé à l’adresse des représentants de la Conférence. Enfin, il leur faudra étudier la faisibilité et chiffrer leurs propositions. »

Voilà de quoi les occuper durant le printemps et nous inquiéter quelque peu :

- l’accés au savoir grâce à l’ordinateur me laisse un peu dubitative, l’ordinateur reste un outil, avec d’immenses possibilités, mais attention au but recherché, les élèves ont besoin d’être accompagnés pour apprendre à réfléchir, le savoir n’est pas qu’une pile de connaissances( excusez les poncifs mais les évidences sont parfois bonnes à répéter !). - les comparaisons avec d’autres pays peuvent nous apporter des éclairages, mais n’oublions pas de comparer les données dans leur globalité, les éléments hors contexte sont souvent trompeurs.
- et il reste toujours et encore l’inévitable question des moyens : même si des solutions sont avancées et reconnues comme porteuses de progrès, seront-elles mises en place si leur coût est estimé trop important ?

Beaucoup de questions en suspens dont vous pouvez venir débattre avec nous à l’occasion de cette RIS ; la présence de chacun ne peut qu’enrichir la réflexion de tous !

Venez nombreux !!!

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Vous avez dit "rythmes scolaires" ?

En guise de mise en bouche, un article de Claire Leconte : « comment sur-médiatiser un problème mal posé pour mieux masquer la destruction programmée de l’école publique républicaine ? »

Depuis plusieurs mois Luc Chatel donne à croire qu’il veut améliorer l’école pour tous en prétendant s’attaquer aux Rythmes Scolaires. Il sait bien que cette annonce fera facilement la Une des journaux et occulte ainsi les vrais problèmes.

Le rythme scolaire n’existe pas : on dit d’un événement qu’il est rythmé quand il se reproduit à l’identique en fonction d’une certaine périodicité. A l’école, rien n’est rythmé, car rien ne se reproduit à l’identique et aucune périodicité n’est régulière, ni au niveau de la journée, ni de la semaine pas plus au niveau de l’année (voir le découpage dû aux zonages).

En revanche, depuis toujours, les scientifiques dont je fais partie, dénoncent l’inadéquation de l’organisation des temps scolaires pour les élèves, au regard de leurs besoins connus du point de vue de leurs rythmes biologiques.(…)

Peu de temps après l’implantation catastrophique de la semaine de 4 jours par Xavier Darcos en 2008, la suppression de deux heures de classe pour tous les enfants redéployées, de façon aberrante, sur ces 4 jours pour les enfants les plus en difficultés, sachant que ces deux heures sont devenues pour tous les enseignants « tout-venant » des heures d’aide personnalisée, Luc Ferry déclarait sur une radio de grande écoute que grâce aux deux heures récupérées par la suppression du samedi matin et l’obligation faite aux enseignants de les utiliser pour prendre en charge les enfants en difficultés scolaires, l’état pourra économiser 8000 postes d’enseignants spécialisés. Que ne s’est-on plus émus qu’on ne l’a fait à l’époque d’entendre un ancien ministre de l’éducation se satisfaire de voir l’école de la république devenir « rentable » puisqu’elle permettra enfin de faire faire des économies à l’état ?

Ces enfants n’ont tiré aucun bénéfice, pour leur « réussite scolaire », de ces heures mal placées dans la journée scolaire, difficiles à organiser pour les enfants très en difficultés par des enseignants n’ayant pas été formés à assurer ces missions spécifiques : le « comique » de l’affaire, si tant est qu’on ait aujourd’hui envie de rire, est que le seul point positif qui ait été relevé, pour ces moments d’aide personnalisée, est qu’une amélioration substantielle dans les relations et échanges enseignants-élèves a été relevée par tous, enseignants comme enfants comme parents, grâce au fait que ces cours se faisaient …... en petits groupes, avec effectifs réduits.

En réponse à cela, qu’est prêt à mettre en place le ministère ? Une augmentation des effectifs de toutes les classes, une suppression de tous les postes d’enseignants ayant des missions spécifiques d’adaptation de l’école à toutes les catégories d’enfants.

Combien de politiques ayant prouvé leur intérêt bien réel pour une éducation scolaire au service de tous doivent aujourd’hui se retourner dans leur tombe. Ecoutons Henri Piéron qui, en 1948, commentait l’enterrement des propositions de la commission de réforme de l’école à laquelle il avait participé, avec Langevin et Wallon : « … je ne pense pas que l’effort dépensé a été complètement inutile, […..], car malgré les résistances politiques, financières, traditionalistes bourgeoises et routinières pédagogiques, les buts et les principaux moyens s’imposent progressivement […]. L’on ne songe plus à contester ouvertement les deux buts fondamentaux :celui de la justice sociale, à savoir le droit, pour tout enfant, d’être placé dans des conditions éducatives lui permettant d’atteindre dans la société, les situations auxquelles il peut aspirer en fonction de ses aptitudes propres, et celui de l’intérêt social qui est d’utiliser au maximum le capital intellectuel de tout l’ensemble de la population. ».

La suppression des conseillers d’orientation psychologues, des personnels spécialisés dans le primaire, le non remplacement de tous les psychologues scolaires partants, le démantèlement de l’école maternelle, la surcharge - plus grande encore- de travail prévisible pour tous les enseignants, souffrant déjà actuellement d’épuisement professionnel, prouvent s’il le fallait, qu’aujourd’hui aucun homme (ni femme) politique n’ose reprendre à son compte la volonté affichée d’Henri Piéron. C’est bien l’organisation de la destruction de l’école publique républicaine qui est en route. La mobilisation de tous ceux qui y sont attachés est plus que nécessaire.

 

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