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9 juin 2011

L’Europe face à l’échec scolaire

PISA : que faire maintenant ? » titrait le journal allemand Der Spiegel à l’annonce des résultats de l’enquête sur la comparaison des résultats scolaires dans les pays de l’OCDE.

Une catastrophe nationale pour un pays qui, fier de sa solidité économique, pensait tout naturellement que son école était irréprochable.

C’est d’ailleurs un des rares points communs des pays européens : chacun pense qu’il a le meilleur système éducatif.

A cet égard, PISA a battu en brèche bien des nombrilismes.

Le Royaume-Uni par exemple, qui n’a jamais brillé par ses audaces pédagogiques, ou par son souci d’égalité nationale, se trouve en seconde position en Europe après l’indétrônable Finlande. Mais le pays de sa gracieuse majesté est également celui où l’écart de performances entre les élèves de milieux modestes et ceux des milieux aisés est un des plus importants. Tous les pays européens sont cependant confrontés à cette question d’un noyau dur d’échec scolaire que rien ne parvient à réduire. Et tous se posent la question.

Comment lutter contre l’échec ?

Les réponses diffèrent bien entendu selon les pays, leur culture, leur système éducatif, leur orientation politique.

Dans l’Europe d’aujourd’hui, où les gouvernements conservateurs sont majoritaires, une tendance est à la réaction : c’était bien mieux avant.

Comprenez : tout était plus simple quand chacun était à sa place, le fils de mineur suivant son père, devenant au mieux employé en surface, la fille de ménagère restant ménagère ou « s’occupant » avant de se consacrer à ses enfants. Mais les mines ont fermé, les femmes font autre chose que coudre… Même Berlusconi devrait s’y faire, pour ne pas voir grimper la courbe du chômage que tous les analystes lient à la formation initiale.

Mais il ne s’y fait pas et promeut un retour à l’éducation d’avant, comme le pourtant jeune David Cameron ou le déjà vieux Xavier Darcos.

A l’inverse, un pays comme la Finlande a, dès 1966, et avec l’obstination d’un gouvernement social-démocrate maintes fois réélu, supprimé la sélection précoce qui prévaut toujours en Allemagne, mis en place une école « fondamentale » pour tous les élèves de 7 à 16 ans, une gestion décentralisée confiée aux communes et évaluée par l’Etat, une formation de niveau master pour tous les enseignants, une aide individualisée aux élèves en difficulté avec l’assistance d’enseignants spécialisés.

Tout cela avec, en prime, la gratuité totale, transports et cantines compris.

Des comparaisons surprenantes

L’analyse comparative des systèmes éducatifs et des résultats PISA a également confirmé trois tendances lourdes.

Premièrement, les pays qui utilisent le redoublement pour lutter contre l’échec n’ont guère de succès, à l’exception notable de la Pologne.

Deuxièmement, la scolarisation précoce est un atout, mais pas dans n’importe quelle condition, « le niveau à l’entrée du CP pèse très fortement sur les chances d’un cursus scolaire régulier » note le Haut conseil de l’éducation qui chiffre à 15 % les enfants en difficulté au sortir de la maternelle française, pourtant la plus développée d’Europe.

Troisièmement, l’investissement budgétaire n’est pas synonyme de succès. Le Luxembourg, qui dépense par élève de primaire 13 985 euros annuellement, deux fois plus que la France (6 044 euros) ou la Finlande (6 234 euros) a des résultats PISA inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE.

La formation des enseignants en question

Le temps passé en classe n’est pas non plus gage de succès ou d’échec. Italie, Pays-Bas et France (autour de 5 000 heures de cours entre 7 et 11 ans) arrivent largement en tête, alors que Suède, Grèce et Finlande ont le nombre d’heures le plus faible (entre 3 et 4 000). Même chose pour les effectifs. L’Italie qui affiche une moyenne inférieure à 20 élèves par classe est loin de briller par la réussite de tous ses élèves.

Pour le chercheur Christian Maroy, « la régulation par la compétition a des effets négatifs sur les inégalités », elle renforce en fait l’échec dans les milieux en difficulté. C’est le problème du libre choix des écoles (qui a deux visages, choix des parents, et sélection des élèves à l’inscription) qui conduit le plus souvent à un système concurrentiel inefficace.

La meilleure solution reste donc une transformation de l’école qui mixe les critères, « des systèmes intégrés avec une orientation moins précoce et un tronc commun long ».

Mais cela ne suffit pas. Pour Christian Maroy « il faut aussi des enseignants qui fassent un choix positif du métier » - le fameux effet-maître - et soient capables « de travailler sur des pédagogies qui prennent en compte les classes hétérogènes ». La Finlande ne dira pas le contraire.

Voir tous les articles du dossier sur le site national du SNUipp :

- petite enfance : une Europe hétérogène

- Royaume-Uni : Business is school

- Italie : rigueur et discipline

- Allemagne : une réforme difficile

- Finlande : un cas d’école ?

- Pologne : 10 ans de refonte

- Travailler sur les pédagogies

 

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