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15 septembre 2011

Évaluations CE1 et CM2 : la boussole est faussée ? Changez-la.

Après PISA, l’OCDE et le Conseil Économique et Social, c’est maintenant au Haut Conseil de l’Éducation (HCE) de livrer un rapport cinglant sur la politique éducative de la rue de Grenelle.

Ce sont cette fois les évaluations nationales CE1 et CM2, ainsi que les indicateurs des « compétences de base » proposés dans le cadre de la LOLF qui sont sévèrement mis en cause. « Partiels, peu exigeants et même trompeurs quant à la maîtrise du socle commun », le constat est sans appel. Comment piloter sérieusement l’école avec des données faussées ?

Ce rapport vient conforter les multiples critiques que le SNUipp-FSU formule à l’encontre de ces dispositifs. Non seulement ces évaluations n’aident pas les enseignants à comprendre la nature des réussites et des difficultés des élèves, mais de surcroit, elles ne permettent pas un pilotage fiable du système.

Que de gâchis, que de temps perdu pour les élèves - notamment ceux qui connaissent des difficultés dans les apprentissages - et les enseignants qui restent donc bien seuls dans leurs classes.

La démonstration est une nouvelle fois faite que le temps éducatif et le temps politique ne font pas bon ménage. Une communication artificiellement valorisante sur les résultats trompeurs d’évaluations mal conçues ne peut tenir lieu de boussole pour orienter l’École. Une évaluation sérieuse des acquis et des difficultés des élèves nécessite des indicateurs fiables et pertinents. Elle doit aussi se déployer dans la durée et en toute indépendance.

Partant du principe que la loi oblige le ministère à fournir des indicateurs fiables d’une part au Parlement dans le cadre de la LOLF, d’autre part dans le cadre de l’évaluation obligatoire des paliers du socle commun, le Hcé critique les évaluations nationales actuelles et recommande l’utilisation de programmes compatibles avec les évaluations internationales et mis en oeuvre par une agence d’évaluation indépendante.

« Des indicateurs partiels, peu exigeants, et donc trompeurs quant à la maîtrise du socle commun »

Seules la maîtrise de la langue française et celle des principaux éléments de mathématiques (1 pilier et demi sur 7) sont prises en compte et les chiffres donnés par le ministère (88% des élèves maîtrisent les compétences de base en français et plus de 90% en maths) sont contredits par d’autres chiffres du même ministère (15% des élèves ont des difficultés sévères ou très sévères et 25 % ont des acquis fragiles en fin de CM2 ).

Pour le Hcé, « les évaluations de CE1 ne peuvent servir de support à l’élaboration rigoureuse d’un indicateur de pilotage du système éducatif relatif aux acquis » parce que le protocole n’est pas rigoureux, tous les enseignants les faisant passer à leurs propres élèves et les corrigeant.

Le Hcé dénonce la confusion entre des évaluations utiles aux enseignants et celles destinées au pilotage du système.

Enfin les attestations de maîtrise des compétences du socle aux paliers 2 et 3 sont « variables, non contrôlées, ni harmonisées ». Au palier 3, les 7 piliers doivent être validés et « la règle fondamentale de non-compensation n’est pas pleinement respectée ».

Des indicateurs rigoureux existent déjà

Les évaluations CEDRE

Depuis 2003, sont mises en place en fin de CM2 et de 3ème les évaluations CEDRE (Cycle des Evaluations Disciplinaires Réalisées sur Echantillon) sur des cycles de 6 ans qui permettent de mesurer les évolutions et rendent compte des caractéristiques sociodémographiques et scolaires. Ces indicateurs, cohérents avec les résultats des enquêtes PISA et qui montrent que notre système scolaire est inéquitable, restent méconnus et peu utilisés.

Les évaluations PIRLS (Progress in international reading literacy study)

PIRLS (3ème édition en 2011) évalue les compétences des élèves de CM1 en lecture. Les résultats de 2006 faisaient apparaître les scores « préoccupants » des élèves français nettement en-dessous de la moyenne de l’UE 21.

Les évaluations PISA (programme international de suivi des acquis des élèves)

Référence internationale, PISA est centrée sur les compétences attendues d’un élève de 15 ans, et non pas sur les programmes scolaires. Les résultats des élèves français se situent légèrement en-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE dans tous les domaines.

La France à l’écart de programmes internationaux

Le Hcé regrette que » la France se soit désengagée de l’enquête TIMSS33 sur les mathématiques et les sciences, qu’elle ne participe pas au groupe de travail sur l’évaluation des compétences-clés dans le cadre du programme européen « Éducation et formation 2020 », ou encore qu’elle ait décidé de ne participer ni à l’étude ICCS sur les compétences sociales et civiques, ni à l’étude ICILS sur la maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication. » Le SNUipp réagit

Pour le syndicat, la politique éducative de la rue de Grenelle est encore une fois sur la sellette. Ce rapport confirme la position que le syndicat n’a cessé de défendre auprès de la DGESCO : ces évaluations ne sont utiles ni pour les élèves et leur famille, ni pour les enseignants et leur valeur scientifique est douteuse. « Gâchis et temps perdu » pour tout le monde, beau bilan pour le ministère !

Le SNUipp demande donc l’abandon du dispositif actuel d’évaluations et l’ouverture de discussions pour revoir objectifs, contenus et calendrier...

 

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