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12 avril 2007

Formation initiale

Intégration des IUFM

Formation initiale : un cahier des charges réducteur

Après plusieurs décisions prises de façon quasi-unilatérale (stages filés pour les professeurs d’écoles, intégration sans cadrage national dès janvier 2007 de plusieurs IUFM à des universités...), le ministre de l’éducation a rendu public “ son ” projet de cahier des charges des IUFM qui est censé déterminer les contenus de la formation des maîtres.

Ce projet a été mis en oeuvre dans le cadre de l’intégration des IUFM aux universités, qui se voient attribuer la responsabilité d’organiser la majeure partie de la formation de manière autonome.

Cette volonté de laisser chaque université gérer le volume d’heures de formation dans le cadre des 400 heures en PE2 et des 50 heures en T1/T2 (seule la maîtrise de la langue est cadrée avec 120h qui lui sont consacrées), l’attribution de crédits ECTS de master et les modalités de validation de l’année de stage créent beaucoup d’incertitudes sur l’équité des formations au niveau national.

Le mémoire professionnel est un des grands absents du cahier des charges. Exit donc le travail de réflexion sur l’articulation entre la pratique de terrain et la théorie, remplacé par la validation des dix compétences professionnelles qui sont déclinées en connaissances (« le professeur connaît »), capacités (« le professeur est capable ») et attitudes. Tout cela rappelle fortement le socle commun de connaissances imposé il y a peu par la loi Fillon. Sans compter que certaines de ces compétences laissent pour le moins perplexe. Par exemple, le professeur doit « se former et innover », mais comme la formation continue est de plus en plus diminuée, ça risque d’être compliqué.

L’évaluation de ces compétences « ne peut se faire qu’en situation réelle d’enseignement ». Cette phrase résume assez bien l’esprit du texte, dont le leitmotiv est l’alternance. Le stage filé est donc pérennisé (l’observatoire national du stage filé aurait-il rendu ses conclusions sans nous en avertir ?). Cela se traduit par une réduction du temps de formation en IUFM avant la titularisation, réduction qui n’est pas compensée par un plus long retour en formation pendant les deux premières années (4 semaines en T1 et 2 semaines normalement en T2 mais en réalité 2 jours).

Du coup on considère désormais que les écoles sont des « partenaires de la formation initiale ». À quoi bon former (et payer) des maîtres formateurs ? L’apprentissage sur le tas, il n’y a que ça de vrai ! Il n’y aura qu’à demander ses fiches de préparation à la collègue de la classe d’à côté.

On aurait pu se laisser aller à croire que l’intégration des IUFM aux universités et la mise en place d’un cahier des charges national seraient une occasion d’améliorer la formation initiale, par un contact entre chercheurs et enseignants, des modalités d’évaluation et des contenus de formation communs à tous, la possibilité pour les enseignants d’obtenir une équivalence de master suite à leur formation initiale… Au lieu de cela ce sont des inégalités géographiques et une formation fondée sur le compagnonnage qui nous attendent.

L’avenir de la formation initiale s’annonce hélas tout sauf radieux.

 

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